Après quelques mois de traitement par électrolyse, les concrétions les plus meubles de la gangue ont été retirées délicatement au burin, les plus dures restant encore adhérentes à la surface. Nous avons constaté une différence très nette dans l’état de conservation des canons. L’un d’eux comporte une très grosse épaisseur de graphite, couche d’altération formée pendant le séjour dans l’eau de mer. Elle est très cassante et poreuse.
Le 2ème canon est bien moins dégradé et, sous les concrétions, la surface nous est apparue en bon état. On devine une inscription sur un tourillon mais celle-ci étant, pour l’instant, recouverte partiellement de concrétions très dures, nous n’avons pu la lire.Les 2 canons présentent des différence au niveau des moulures.
Les 2 pièces ont été remises en traitement d’électrolyse pour stabilisation, afin d’extraire les sels de mer qui imprègne le métal.La libération de l’âme par carottage, c’est-à-dire l’extraction des éléments présents à l’intérieur (des concrétions et peut-être la charge) est programmée le 24 juin.
La sortie des canons le 28 septembre dernier a été suivie de leur “mise en bain”.
Après la réalisation de l’anode en acier inoxydable qui les entoure,
les canons ont été mis dans la cuve de traitement, dans le local construit dans le jardin.
Cette première phase de traitement est destinée au dégangage: la gangue va se fissurer sous l’action de la formation des bulles d’hydrogène. En effet, l’électricité va décomposer l’eau en hydrogène et oxygène.
« Nous avons déjà récupéré beaucoup de boulets. Lorsqu’on fait éclater la gangue qui les renferme, ils paraissent intacts, mais au bout de quelques jours, ils sont complètement effrités et tombent en poussière. » Cdt COUSTEAU, « Un trésor englouti » - 1971, Flammarion
Après des siècles d’immersion, les objets métalliques s’imprègnent de sels (chlorures de sodium) et se recouvrent de concrétions marines protectrices, que l’on appelle « gangue ».Pour conserver ces objets, un travail de restauration est nécessaire et est constitué de 3 opérations :
Elimination électrolytique de la gangue afin de retrouver la surface d’origine par bullage d’hydrogène.
Stabilisation électrolytique de l’objet par extraction de l’espèce nocive (chlorures).
Rinçage, séchage, nettoyage par sablage à sec et protection de l’objet face aux altérations futures.
Sous l’effet du champ électrique, l’espèce nocive (les chlorures Cl-) est extraite de l’objet polarisé négativement et est attirée vers le pôle + (grillage en acier inoxydable). Un bullage d’hydrogène trop important peut détruire la surface de l’objet. C’est pourquoi il est important de contrôler précisément le potentiel de l’objet .
septembre 23rd, 2009 at 10:04amCatégorie Ile de Batz
2 canons du XVIIIèmetrouvés au large de l’Ile de Batz seront sortis de l’eau le 28 septembre, à l’occasion des eaux mortes.
La Fondation EDF Diversiterre, le Conservatoire du Littoral et Arc’Antique s’associent pour réaliser le traitement de ces canons qui seront ensuite placés sur la batterie de côte face au Jardin Georges Delaselle.
Les actions de mécénat de la Fondation EDF Diversiterre vont permettre au Conservatoire du Littoral, propriétaire des objets, les faire traiter et restaurer avec l’accord du DRASSM, étapes indispensables pour leur conservation et leur exposition.
Arc’Antique mettra en place et pilotera les traitements d’électrolyse à distance, grâce à son nouvel équipement : le “Kraken” .
Le Conservatoire du Littoral a aménagé les locaux adaptés dans le magnifique Jardin exotique Georges Delasselle. Ces traitements vont permettre d’en savoir plus sur ces canons de 3 mètres de long et d’environ 1,5 tonnes.
Après de longs mois de travail, Arc’Antique est devenu au 1er mars dernier un EPCC-IC : Etablissement Public de Coopération Culturelle à caractère Industriel et Commercial.
Plusieurs autres collectivités sont venues rejoindre le Conseil Général de Loire-Atlantique, partenaire depuis l’origine, et le Ministère de la Culture. Ainsi la ville de Nantes, le Conseil Régional des Pays de La Loire et celui de Bretagne sont partenaires de cet EPCC. Le nouveau président en est M. Merlet, vice-président au CG44, et la vice-présidente est Mme Bréard, vice-présidente du Conseil Régional de Bretagne.
Deux Conseils d’Administration tenus en mars ont permis de prendre les premières délibérations pour le fonctionnement de cet établissement.
Après l’étape de dégangage, le laboratoire Arc’Antique et la ville de Saint-Malo ont tenu à rassembler les différents partenaires impliqués dans cette opération de restauration des canons de La Dauphine, première épave de la Natière, afin d’inaugurer le traitement de déchloruration par électrolyse piloté à distance via internet. (more…)
Les canons sont recouverts de concrétions marines (appelées gangues) qui emprisonnent, pour certains, des fragments de bois et des ustensiles en étain. (more…)
Neuf canons enfouis depuis trois siècles par 17 mètres de fond ont été ramenés au jour, en juillet 2006, par les archéologues du DRASSM (ministère de la Culture), aidés des effectifs et de la logistique de la subdivision maritime malouine des Phares et Balises (DDE d’Ille-et-Vilaine). (more…)